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Enfant, je voulais vivre secrètement ou disparaître pour cacher mon handicap – traverser ma ville en rasant les murs ! Mais le besoin d'exposer mes émotions au public a grandi avec moi. Aujourd'hui, je veux entendre un jugement sur la valeur de mes créations, afin de toujours les améliorer. Peut-être aussi pour comprendre l'étonnant personnage avec qui je passe mon temps. |
| Car
depuis l'enfance, où je m'affirmais en hurlant, me roulant par terre, j'ai couru après mon adolescence.
J'ai surtout peint des toiles abstraites aux couleurs de l’espoir pour forger l’amitié ou
apprivoiser la tolérance. Une passion qui me poursuit toujours, un demi-siècle plus
tard. J’ai
aussi navigué sur les mers, surfant souvent sur les vagues à l’âme de l’existence. Enfin,
j’ai
étudié pour bâtir des maisons de passe-passe et des hôtels de passe-droit qui m’ont
plébiscité pour me hisser sur un piédestal et fréquenter la vie publique. C’est là que j’ai
fait l’apprentissage – loin d’être achevé – de l’écriture !
D’abord,
un journal de peintre, une quête existentielle beaucoup trop sérieuse, la vie quotidienne est
rarement drôle ! Une expérience enrichissante qui a eu le mérite d’orienter ma réflexion dans les méandres
littéraires où j’aime flâner dans les utopies et jongler avec les mots. Puis
j'ai récidivé avec un roman : Les Cannes noires, un vagabondage dans l’autodérision, un rien autobiographique,
peut-être par paresse, car il est plus aisé de cueillir ses sujets dans son jardin secret.
Cependant, mon regard ne cesse d’observer le monde par-dessus le mur que j'ai bâti pour me
protéger, c'est pourquoi je m'en
suis à nouveau échappé en lançant un second journal couvrant les six dernières années. Il
me permet de mettre de l'ordre dans mes idées en poursuivant mes recherches sur l'Art. Celles
que j'aime partager en cueillant la joie de vivre. J’imagine des aventures singulières,
parfois délirantes, violentes, libertines ou poétiques pour des lecteurs qui deviennent ainsi
acteurs de ma création. Indifférent s'abtenir !
Dans
l’atelier, les pinceaux délaissés me jaloussent !
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